Sacrés cueilleurs

Autre 2 novembre 2019 0 commentaires

C’est bien loin dans le temps, aux sources de l’humanité, que l’on retourne observer les premières traces de l’homme-cueilleur.

Telles étaient les actions primaires de subsistance permises alors par une nature matrice, régnante. Prélever dans la nature de quoi se nourrir et se soigner n’a jamais cessé d’exister depuis. On dénombre encore quelques centaines d’hommes et de femmes aujourd’hui en France qui vivent de la cueillette. Corps et âme. Ce sont les héritiers d’une tradition qui perdure de façon orale depuis des temps immémoriaux.

Ils sont cueilleurs de plantes fraîches pour l’homéopathie, de plantes à sécher pour l’herboristerie, découvreurs des ressources végétales sauvages et plus spécifiquement de plantes à parfum, aromatiques et médicinales. À l’origine d’un savon parfumé ou d’une huile essentielle, d’un parfum boisé, d’un mets gouteux… c’est toute l’histoire d’un territoire que l’on retrace, celle d’une rencontre fortuite entre un cueilleur et une plante sauvage dans son milieu naturel.

L’histoire d’un geste, d’une émotion, d’un odorat, d’une sensation au toucher au hasard d’une quête, au détour d’un chemin, sur les traces d’un chevreuil ou d’un écureuil « en chasse » d’un encas au fond des bois.

Cueillir. Chasser. Pêcher.

La pratique ancestrale est réinvestie par ceux, comme beaucoup, en quête d’un autre rapport à l’alimentation et à la santé. En quête de savoirs naturalistes. Ces savoirs oubliés des « bonnes herbes » à la façon dont on faisait appel à elles autrefois, par superstition parfois. Alors que la demande en produits bio et naturels ne cesse de grimper, les cueilleurs restent le lien entre société moderne et nature, attentifs à la disparition des espèces, aux menaces écologiques et au maintien de la biodiversité.

En vigies de Dame Nature, ils sont au premier poste pour rappeler que nous dépendons du vivant.

On ne peut plus faire semblant de cueillir dans une nature bucolique et préservée de nos impacts. Ainsi ces hommes-cueilleurs luttent pour une cueillette durable et éthique, un métier responsable, des pratiques vertueuses. Ces artisans du vivant nous rappellent la marque de l’effort du naturel, la nécessité du temps, l’importance du climat… celle d’être à l’écoute, de laisser faire… et surtout l’humilité face au végétal, et tout ce qu’il a à offrir.